Sans titre
quand l’existence est une sensation de corps étranger sur la cornée
les ailleurs, les impossibles, les inaccomplis se mettent à perforer l’âme, à voler le bonheur comme des harpies — il était si précieux ce bonheur
les boussoles de l’avenir s’affolent, harassées par des attaques du passé, détournées par des peut-être, secouées violemment par des si turbulents
laissant le présent en apoplexie se languir de retrouver une direction, un indice au moins
seul, libre ? Est-on libre quand on est perdu ?


Pomme a répondu :
C’est à force de regarder en arrière que l’on se sent perdu.
Le vrai bonheur, il s’apprend en goûtant justement à la liberté. Les chaînes des sentiments perdus sont-elles ce qu’il y a de mieux pour un être humain ?
13 mars 2009 at 16:52. Permalien.
Vincent Sremed a répondu :
Oh, il s’agit bien plus que de sentiments, chère Pomme, mais d’une personne, et il y a certaines chaînes que l’on se met volontiers, comme pour soutenir une émeraude à son cou.
Le désir effréné de liberté n’est-il pas aussi une chaîne ? Une attache irrésistible vers l’inconnu qui empêche de goûter à la sérénité et d’apprécier tout le miel des alvéoles de l’amour en sa propre ruche ?
13 mars 2009 at 18:50. Permalien.
Pandore a répondu :
“Je ne puis être et ne veux vivre que dans l’espace et dans la liberté de mon amour.” – René Char
“La seule liberté que nous concède la vie, c’est de choisir nos remords” – Jean Rostand
“L’amour ne s’oppose pas à la liberté; il permet de lui donner un sens.” – (Ne me rappelle plus!)
À l’avant-dernière question de ton commentaire, je réponds oui. La liberté ne doit pas se définir via son objet. Elle est création du sujet, en dehors de l’objet, mais actualisée par lui.
Bon courage…
13 mars 2009 at 22:07. Permalien.
Vincent Sremed a répondu :
Bonsoir Pandore et merci de votre passage ici.
Nous pouvons méditer sur ces paroles que vous citez et espérer les faire nôtres.
Mais si je n’étais pas moi et que je disais :
“Je ne puis pas être et ne veux pas vivre que dans l’espace et dans la liberté de mon amour.”
ou
“La seule liberté que ne nous concède pas la vie, c’est de choisir nos remords”
ou
“L’amour ne s’oppose pas à la liberté; il ne fait que lui enlever un sens.”
alors, ces affirmations aussi feraient sens et nous ne serions pas plus avancés, non?
Je suis d’accord avec votre conception de la liberté, c’est-à-dire une pure création du sujet. L’homme le plus libre ne l’est jamais assez et s’invente des esclavages à l’infini. L’homme qui un jour s’embarqua sur un navire et goûta à l’ivresse du large s’invente une prison lorsqu’il retourne au port, même s’il aime ce port depuis sa tendre enfance. Ah ! S’il était possible de naviguer sur les ports ! se dit-il. Et devant lui son petit bateau l’invite à partir, malgré les risques de mer désertes, de tempêtes et de naufrages fatals…
14 mars 2009 at 00:05. Permalien.
Pandore a répondu :
Le problème, c’est qu’on est toujours trop soi, jusqu’à “se boire sans soif”…
C’est pourquoi je vous écrivais bon courage… La mer est fourbue d’intempéries, mais “homme libre, toujours tu chériras la mer” dixit Baudelaire.
Faites attention à vous, à toi.
14 mars 2009 at 08:23. Permalien.
Pomme a répondu :
Vincent, j’ai bien compris qu’il s’agit d’une femme. Mais, au fond, réfléchissez bien, ce sont finalement les sentiments qui nous manquent dans un amour perdu, au delà de l’être.
Le “souci” dans ces situations si douloureuses est qu’on “boucle” sur ce que l’on a perdu (je suis fine connaisseuse en la matière) alors qu’on devrait analyser l’échec et en tirer des leçons pour avancer.
Seulement voilà, ça, on le sait quand on est guéri.
Et le temps coule sous nos yeux sans qu’on le voit …
15 mars 2009 at 02:16. Permalien.
Vincent Sremed a répondu :
Pomme : peut-on parler d’échec quand il s’agit de sentiments qui tirent, qui tirent, jusqu’à déchirer la couverture ? Difficile de prendre des leçons de ses sentiments. Enfin, difficile lorsque l’origine remonte à la nuit des temps… Quand le sentiment est la confusion profonde, le malaise intérieur envers soi-même devenu insupportable. Mais ce n’est que mon opinion.
16 mars 2009 at 23:34. Permalien.
Pomme a répondu :
Vincent, je connais ce sentiment que vous exprimez si bien. Si j’avais eu les mots à l’époque, je l’aurais dit de la même façon.
Là où réside l’échec, selon moi, c’est cette origine qui n’est pas trouvée. Ou sur laquelle on “boucle”.
On peut prendre leçon de ses échecs (liés aux sentiments), mais oui.
J’ai été en quête d’amour pendant 40 ans, pour réaliser que mon bonheur ne dépendait pas des autres mais de mes propres capacités.
Je vous assure que je vous comprends parfaitement.
17 mars 2009 at 07:47. Permalien.
Vincent Sremed a répondu :
Merci Pomme,
briser la boucle ou la spirale de l’éternel retour…
17 mars 2009 at 11:18. Permalien.
you’re like me | Coquecigrues, etc. a répondu :
[...] ici [...]
23 juin 2009 at 20:31. Permalien.